La zone humide classée


La zone humide du Marais Girard s’étend le long du ru de la Normandelière depuis le bourg, au carrefour de la rue du Marais Girard et de la rue des Vignerons, jusqu’à la rue de la Source Elle est le réceptacle des eaux météoriques du bassin versant estimé à 430 ha  et d’une partie des eaux pluviales canalisées sur le nord du site. Une grande partie était occupée par une exploitation agricole biologique en pâturage-fauchage, le reste en sylviculture.


La carte ci-dessous montre le périmètre du bassin versant du ru de la Normandelière, et l’inventaire des Zones Humides de Bretignolles-sur-Mer.  La zone humide du Marais Girard a été cartographiée et référencée BRT26 par le SAGE en 2011.


Cette zone humide est composée de prairies humides, peupleraie, haies de saules bordées de fossés et cultures. Elle est traversée par un ruisseau Nord-Sud s’écoulant à la mer au niveau de la Normandelière. C’est une zone naturelle d’expansion des crues. Cette rétention des eaux, qui inonde les prairies, joue un rôle indispensable au maintien du cycle de l’eau. Les prairies humides capturent et retiennent les sédiments. Elles procèdent à l’autoépuration des éléments chimiques  (nitrates, phosphores, métaux lourds, pesticides…).Elles forment une zone riche en biodiversité indispensable à l’équilibre de l’écosystème qui abrite quelques espèces protégées.

La fiche d’identification BRT26 ci-dessus produite par le SAGE Auzance Vertonne lors de sa première restitution en mairie précise et montre tout l’intérêt que représente cette zone humide pour sa biodiversité, sa fonction biologique, sa valeur naturelle paysagère et culturelle. Sa superficie est estimée à 14,9 ha.
Le POS (Plan d’Occupation des Sols) de Brétignolles sur Mer de 1998 présente la zone en NC,  (Zone de richesses naturelles à protéger en raison notamment de la valeur agricole des terres ou de la richesse du sol et du sous-sol)
Cette zone humide entre dans le champ d’application des protections et préservations définies par les articles du Code de l’Environnement  L 211-1 et 211-1-1 précisant que cette protection relève de l’intérêt général.
Cette zone humide serait impactée par le projet de port de plaisance.
Le PLU en cours d’élaboration doit impérativement intégrer les classements afférents à cette zone humide délimitée par le SAGE  Auzance / Vertonne.


Le réseau d'eau souterraine


Dans tous les dossiers de projets de port, il est totalement fait abstraction de la nappe phréatique affleurante qui sous tend la zone humide. Le creusement d’un bassin nettement plus profond (-2m sous le 0 cote marine, soit -12m sous le niveau du sol) menacerait la nappe d’effondrement avec pour conséquence directe l’assèchement de la zone humide à plus ou moins long terme.
L’installation d’un dispositif d’étanchéité des bords du bassin de port aurait un effet limité. Remarquons que les travaux d’excavation du trou pour faire le bassin seraient largement suffisants pour assécher la nappe. Il est difficile de dire que la zone humide survivrait après ce trou qui siphonnerait le secteur. En faisant ce trou, il est logique d’admettre que la zone humide serait altérée dans des proportions lui interdisant de conserver les mêmes propriétés qu’avant : son équilibre biologique et sa fonctionnalité. Cela montre que le déplacement du bassin porterait tout de même atteinte à l’équilibre de cet écosystème.
L’étude géologique du projet de port de 2010 nous renseigne sur la géologie du lieu.
La zone humide du Marais Girard s’établit sur un site de composition géologique très variée. Les différents substrats du sous-sol sont hétérogènes. L’étude nous révèle qu’ils sont constitués de schistes, de microgranite, d’argiles vasardes, de sables et graviers. Quelle que soit la nature de chaque couche, leur porosité ou imperméabilité, de multiples failles horizontales ou verticales, permettent à l’eau souterraine d’investir le site en nappes phréatiques communicantes.
Le réseau de veines d’eau souterraines et les sources.


L’étude géologique ne renseigne pas sur les veines d’eau souterraines. Or ces veines d’eau souterraines sont essentielles pour l’équilibre hydraulique de toute la zone.
La densité et le niveau des nappes peuvent varier selon la saison. La zone humide du Marais Girard est directement liée à la nappe phréatique affleurante. Des veines d’eau souterraines quadrillent le site et jouent un rôle dans l’état hydrostatique de l’ensemble. Ainsi la carrière du Brethomé fait partie de l’ensemble hydrique de toute la zone et représente une réserve de secours d’intérêt général de 340 000m3 d’eau de qualité.
Les sondages piézométriques, mentionnés dans l’étude géologique, indiquent des valeurs de niveau de la nappe phréatique de +10,19 m Cote Marine (CM) en moyenne et de +7,49m  CM au plus bas (sécheresse de 1990, mentionnée dans l’étude SOGREAH de 2002)
Le bassin de port et le chenal auraient été creusés à la cote de -2m CM. Le tracé de ce creusement traverse  un terrain naturel (TN) qui est à la cote de 9m CM à 10m CM. Par rapport au TN existant, le trou aurait eu une profondeur de 12m, voire un peu plus pour le bassin. Ces veines d’eau souterraine auraient été atteintes par le creusement. Il en aurait résulté une modification de l’équilibre hydraulique de toute la zone dont les conséquences auraient été irréversibles.
La Vigie a fait faire le relevé de ces veines d’eau souterraines par un sourcier, Monsieur Jean Yves GUILBAUD, avec Jean Baptiste DURAND en second témoin pour le relevé in situ :


Le relevé de ce réseau de veines d’eau souterraines démontre l’importance de son lien et de son rôle sur le système complexe du site. Les veines n°3 et n°4 pulsent vers la surface à plusieurs endroits ; leurs résurgences constituent des sources qui entretiennent les mares indiquées sur le plan par des cercles noirs. Cela démontre à l’évidence que tout est interconnecté : nappe phréatique, carrière, veines circulantes, et que l’ensemble participe à l’existence et à l’équilibre de la zone humide.
Les interconnexions entre les différents réseaux d’eau souterrains de la zone humide sont un élément de la fragilité de cette zone. Toute intervention dans le sous-sol en un point de la zone entraînerait des variations et des disparitions de nappe phréatique, de veines circulantes, de mares, même apparemment éloignées de l’intervention. Aucune maîtrise des effets qu’induirait un tel acte n’est possible. Or ces eaux souterraines sont indispensables à l’existence d’arbres, de haies et même de puits éventuels.
La zone humide du Marias Girard doit impérativement bénéficier d’une protection administrative. Elle doit rester en zonage NC dans le PLU et le SCOT en cours d’élaboration, et la coupure d’urbanisation qui englobe cette zone et s’étend jusqu’au dolmen doit perdurer dans les futurs SCOT et PLU.